Avant les passages à niveau, je ralentis !

Les comportements à risques des usagers de la route sont la première cause des accidents aux passages à niveau, liés principalement à un manque d’attention, que ce soient des automobilistes, des piétons, trottinettistes ou cyclistes. Franck Noack, référent Politique Thématique Sécurité de SNCF Réseau, fait le point.

25/06/2024
4 minutes

Entre le feu rouge clignotant et le passage du train, il se passe globalement moins de 30 secondes. Autant dire, rien du tout. « Ce n'est même pas le temps de réchauffer un chocolat chaud au micro-ondes, appuie Franck Noack, référent au Département de sécurité ferroviaire de SNCF Réseau. Or mieux vaut attendre trente secondes pour pouvoir prendre son café au travail... » Mais comment est-il possible de ne pas s'arrêter au feu rouge clignotant sous peine d'être percuté par un train ? « Les gens ont des comportements différents en fonction de la perception du risque, rappelle Franck Noack. On compare le feu rouge clignotant à un feu tricolore : le feu tricolore, on le regarde dix fois avant de le franchir, vingt fois pour ceux dotés d'un radar. Les feux rouges clignotants ne sont pas observés, car les passages à niveau sont ouverts 90 % du temps : les gens ne l'identifient pas comme une prise de risque. »

Depuis 2021, l'État le considère comme un accident routier

Pour éviter le pire, le message essentiel reste : « Soyez attentifs aux panneaux de signalisation annonçant le passage à niveau et aux feux clignotants comme vous l'êtes pour les feux tricolores, insiste Franck Noack. Il n'existe pas de passages à niveau dangereux, le danger, c'est la représentation du risque : nous mettons des installations, et les règles à respecter sont celles du Code de la route. »

SNCF Réseau investit chaque année 40 millions d'euros pour améliorer la sécurité et la signalisation en approche des passages à niveau. S'il y a encore une dizaine d'années, SNCF Réseau était seul sur le sujet, « depuis le décret de 2021, l'État considère que c'est un accident routier, et donc que cela concerne tout le monde, le ministère des Transports, le ministère de l'Intérieur, les préfets, les gestionnaires de voirie. C'est une prise de conscience des actions réalisables par chacun. »

Ensemble, avec l'Unité de coordination de lutte contre l'insécurité routière (UCLIR), sous l'égide du ministère de l'Intérieur, ils réalisent tous les ans des actions de sensibilisation aux passages à niveau pour alerter les usagers de la route. « L'idée est de faire passer le message, pas de verbaliser, sauf si le franchissement du passage à niveau est volontaire, sous peine d'une amende de 135 € », souligne Franck Noack. Une journée en juin (à date aléatoire, N.D.L.R.), a en outre été déclarée Journée mondiale de la prévention de la sécurité routière aux passages à niveau.

« Nous essayons de mettre en place un plan de communication pour améliorer la compréhension du risque, appuie Franck Noack. Généralement les personnes accidentées résident dans un rayon de 5 kilomètres, ils ne sont pas attentifs. Pour n'importe quel dispositif, après six mois, les gens ont pris l'habitude et ne font plus attention. Notre objectif est d'aider les usagers à mieux percevoir les passages à niveau et à mieux percevoir et comprendre le risque et l'influence qu'ils peuvent avoir. »

Gare aux smartphones !

Ce qui vaut également pour les piétons, dont les accidents sont en augmentation au niveau européen depuis la crise sanitaire. « On ne peut expliquer le lien de cause à effet, reconnaît Franck Noack. Mais les tendances du risque piétons, c'est qu'ils sont sur leur smartphone ou avec des écouteurs dans les oreilles. Nous leur recommandons donc d'identifier les passages à niveau sur leur itinéraire pour ne pas se laisser surprendre. »

À ce jour, la France compte 14 000 passages à niveau et il est interdit d'en créer de nouveau. « Pour nous, un bon passage à niveau, c'est un passage à niveau supprimé, commente Franck Noack. Mais pour cela, il faut l'accord du gestionnaire de voirie, et cela n'est pas toujours évident car il subsiste toujours des hésitations à créer des détours de 200-300 mètres pour le confort d'usage. »

Depuis dix ans, l'accidentologie a diminué de moitié. Des chiffres que Franck Noack préfère relativiser : « 2022 a été l'année où l'on a enregistré les meilleurs résultats, 2023, les pires ! En 2024, les chiffres sont encourageants. Ce sont des résultats statistiques. »

Adapter son allure, ralentir, s'arrêter au feu, lever le nez de son smartphone : autant de bons réflexes à adopter pour éviter le drame.


LA SÉCURITÉ AUX PASSAGES À NIVEAU EN CHIFFRES*

  • 98 % des accidents routiers aux passages à niveau sont dus au non-respect du Code la route par les usagers.
  • La distance d'arrêt d'un train est 10 fois supérieure à celle d'un véhicule : à 100 km/h, un train a besoin de 1000 m pour s'arrêter

LES RÈGLES DE SÉCURITÉ AUX PASSAGES À NIVEAU*

  • Règle n°1 Je ralentis dès mon approche de la barrière. Pas compliqué : il y a des panneaux qui l'annoncent à 150 m, à 100 m et à 50 m.
  • Règle n°2 Je ne traverse pas si la route juste devant moi est encombrée. Les rails ne doivent être franchis que si la voie routière en face est dégagée. Je ne m'arrête jamais sur la voie ferrée.
  • Règle n°3 Je m'arrête au stop ou dès que le feu rouge clignote car je n'ai pas le temps de passer, même en accélérant (et le train est prioritaire !). Feu rouge clignotant = arrêt absolu pour tous les véhicules, y compris ceux d'urgence.
  • Règle n°4 J'attends (quelques minutes maximum) l'arrêt du feu rouge clignotant et l'ouverture complète des barrières pour redémarrer. Attention : si les barrières restent baissées, cela peut signifier qu'un autre train est à l'approche. Patientez !
  • Règle n°5 J'alerte ! En cas de problème (véhicule immobilisé sur les voies, barrières fermées trop longtemps, barrière endommagée...), j'utilise le téléphone orange d'alerte et d'urgence situé à proximité du passage à niveau. Un agent de la SNCF m'indiquera la marche à suivre pour que les opérateurs de la SNCF puissent rapidement stopper les trains.
  • Règle n°6 Si je suis coincé, je dégage mon véhicule en enfonçant les barrières cassables et j'utilise le téléphone pour alerter du bris de barrière. Si je n'arrive pas à redémarrer, j'évacue toutes les personnes du véhicule bloqué sur les voies. Et j'utilise le téléphone à proximité du passage à niveau ou compose le numéro inscrit sur la pancarte pour alerter directement l'agent de la gare la plus proche. L'impact peut être limité si l'alerte est lancée suffisamment vite.

RAPPEL : « UN TRAIN PEUT EN CACHER UN AUTRE »

*Source SNCF Réseau

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