Train-vélo : le combo gagnant ?

Toutes les places dédiées aux vélos ne sont pas encore utilisées alors que la SNCF les déploie dans les TGV et TER. Une solution de mobilité pourtant très appréciée par ceux qui l’ont adoptée.

04/12/2023
4 minutes

À la suite d'un accident de voiture en avril 2022 le privant de son véhicule plusieurs semaines, Vincent, Strasbourgeois de 44 ans, décide de rejoindre Sélestat, où il travaille, en train. « J'ai immédiatement apprécié le confort d'usage et la fatigue épargnée. Par la suite, j'ai acheté un vélo pliable que j'embarque dans le train. Désormais je mets moins de temps pour mes trajets aller-retour travail qu'avec la voiture : je gagne cinq à dix minutes par trajet. Je ne prends mon véhicule que lorsque j'ai des visites programmées à domicile. Ou alors je laisse ma voiture à Sélestat durant la semaine et la rapatrie à Strasbourg le week-end. » Une nouvelle façon de réaliser ses déplacements pendulaires, qui ne vont pas sans quelques inconvénients : « Bien sûr, il y a quelques contraintes horaires et quelques sprints pour attraper le train désiré, sourit-il. Mais la fréquence des départs sur cet axe me permet d'arriver à bon port au prix d'un léger retard. L'angoisse, ce sont plus rarement les retards majeurs ou les annulations de trains pour cause exceptionnelle. Mais bon, c'est la vie ! »

Un combo économique et écologique

Côté budget, Vincent s'en sort aussi bien. « Je me paye le luxe de voyager en première avec un abonnement, mais cela reste plus économique et plus vertueux que de rouler seul dans mon SUV diesel. En seconde classe, le tarif est clairement imbattable. » Malgré éventuels retards ou grèves, le Strasbourgeois y trouve son compte. Et son profil correspond pile aux statistiques du marché, comme l'explique la SNCF : « TER accompagne les Régions, autorités organisatrices des mobilités régionales, dans leur stratégie de développement de la pratique du vélo. Le vélo est le mode de transport doux le plus évident en complément de TER. Il est adapté aux courtes distances : 60 % des Français font moins de cinq kilomètres. »

La Loi d'Orientation des mobilités (LOM) vise ainsi à tripler la part modale du vélo et la porter de 3 % à 9 % en 2024. « Élément nouveau, né de la publication récente le 21 février 2022 de la loi 3DS (Décentralisation, Différenciation, Déconcentration et Simplification) : les Régions peuvent utiliser leur pouvoir réglementaire pour fixer librement le nombre de places vélos dans les TER, précise-t-on encore à la SNCF. 95 % des matériels TER sont équipés d'emplacements vélos, avec en moyenne six places par rame. » Et les nouvelles rames seront dotées de huit places en moyenne.

À l'inverse, sur la ligne Strasbourg-Barr qu'elle utilise quotidiennement depuis juin 2022, Annekathrin constate depuis la rentrée moins de places pour les vélos et pour les voyageurs sur cette ligne. « À la suite d'un comptage réalisé en septembre, ils ont supprimé des wagons. Nous sommes entassés comme des sardines aux heures de pointe et il n'y a plus que deux emplacements réservés aux vélos », précise-t-elle. Si elle ne compte pas renoncer à ce mode de déplacement, elle regrette cette décision : « Je l'ai signalé, on m'a dit que l'on en prenait note ! J'ai la chance de prendre mon train à Barr où il n'y a pas grand monde, mais dès Obernai, cela devient compliqué. Le soir, j'essaie d'arriver plus tôt à la gare de Strasbourg, pour espérer rentrer mon vélo. » Porte à porte, Annekathrin compte 1 h 15 de trajet à vélo-train-vélo, contre 30 à 45 minutes en voiture. « J'ai fait ce choix par conviction environnementale, mais aussi économique, puisque 50 % de mon abonnement est pris en charge par mon employeur, confie-t-elle. Cela me permet aussi d'éviter les embouteillages et de pouvoir travailler avec mon ordinateur dans le train. » Le temps de trajet ne la dissuade pas. « Les enjeux en valent la peine, estime-t-elle. Je ne prends ma voiture que lorsque j'ai une soirée à Strasbourg, ou quand je dois rentrer tard, car je ne me sens pas très rassurée le soir dans les wagons quasi vides. »

Un taux d'occupation encore faible

Pour faciliter la vie des voyageurs « pendulaires », les équipes TER, en lien avec les Régions et « Gares & Connexions », déploient des places vélos aux abords des gares, comme Toulouse Matabiau qui abrite 688 places et propose des services de gonflage, réparation ou consignes. En région Auvergne-Rhône-Alpes, les gares abritent plus de 2 550 places. En région parisienne, le service Parking Vélo Île-de-France mobilité propose à la fois des abris-vélos ouverts en libre accès et des espaces sécurisés et fermés. L'idée ? Inciter les habitants à utiliser les transports en commun pour rejoindre leur lieu de travail, « sans avoir à se soucier de trouver une place sécurisée. »

Pour embarquer son vélo dans les trains à grande vitesse, les règles varient selon les types de trains. Sans rentrer dans les détails, les vélos pliables et démontés peuvent être embarqués dans les TGV INOUI et Intercités gratuitement et sans réservation. Dans les OUIGO, il vous en coûtera 5 €. Pour les vélos non démontés, il faut réserver sa place en amont (10 €). Pour connaître le détail, c'est par ici.

Afin d'augmenter son offre, les 115 futurs TGV M, mis en service à partir de 2024, seront dotés de huit places de vélos minimums chacun. « On observe une forte appétence pour le vélo depuis le COVID puisque, depuis 2020, les ventes de places vélo ont augmentées de 70 %, précise la SNCF. Nous augmentons année après année la disponibilité des places vélos non démontés sur nos rames, soit + 7 % en deux ans. Aujourd'hui seulement 36 % de la capacité des places sont vendues. Il y a donc encore de la disponibilité pour voyager à vélo à bord des TGV INOUI. »

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