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Pour les motards, le plaisir avant tout

Mais qui sont ces adeptes du deux-roues motorisés ? Forment-ils vraiment une communauté ?

Peu d'études sociologiques existent sur les motards. Minoritaires sur les routes, ils sont néanmoins de plus en plus nombreux à choisir ce mode de transport, notamment dans les zones urbaines à forte densité. En 2019, la Fondation mutuelle des motards a décidé de lancer une vaste enquête pour mieux les connaître. Cette dernière révèle ainsi qu'ils ont en moyenne 43 ans. Le sociologue Marc Camiolo a réalisé 18 mois d'entretien et découvert que “la moto porterait des valeurs de jeunesse, de risque, d'aventure ; elle aurait un caractère régressif qui ferait que ses pratiquants conserveraient une certaine jeunesse.” Pour 77 % des motards interrogés, la moto représente surtout un moyen d'évasion et pour 57 % à un rêve d'enfant. 88 % d'entre eux se sentent appartenir à une communauté. Ils sont aussi 61 % à se sentir “différents” quand ils sont sur leur engin. La moto est avant tout un plaisir pour eux (84 %) et offre un sentiment de liberté (75 %).

Pour la petite histoire, la première motocyclette a été conçue en 1897 par les frères Eugène et Michel Werner. Elle était tout sauf confortable et vite adoptée par les professions libérales à la place du vélo. Durant la Première Guerre mondiale, elle a trouvé un usage militaire. C'est surtout dans les

années 70 qu'elle est devenue symbole de liberté et de contestation. Mais il est très difficile de parler d'une communauté “unique”. Les usagers qui optent pour le deux-roues motorisé pour gagner du temps et éviter les embouteillages, essentiellement en gros scooters, ne font clairement pas partie de la communauté passionnée de moto qui aime la prendre pour voyager ou se balader le week-end, seul ou en groupe.

LES MOTARDS PEINARDS VERSUS LES VAUTOURS

On distingue aussi les “motards peinards des machines et faire de la vitesse avant tout, commente Roger Ringenbach, à qui l'on doit les sorties à moto dans le Haut-Rhin, pour les adhérents ou non de l'Automobile Club Association depuis 2003. Je comprends les habitants des communes des Vosges qui ne supportent plus le bruit de 10-15 vautours qui passent en même temps le dimanche. Ce n'est pas notre façon de faire, nous roulons avec des motos homologuées, nous n'avons pas besoin de vitesse. Et surtout nous évitons les cols très fréquentés le dimanche, d'autant que beaucoup d'Allemands viennent chez nous car la circulation de leurs cols est réglementée, voire interdite.”

Même son de cloche pour Michel Reimel, motard depuis 43 ans, qui gère lui les sorties dans le Bas-Rhin (la section moto a été créée le 12 juillet 1987, ndlr). “Le bruit dans les cols est très nocif ; je suis le premier à le regretter, car moi-même je suis aussi randonneur. Je ne cautionne pas ceux qui montent juste pour faire du bruit, mais je ne sais pas si la pédagogie servirait dans notre société si individualiste.”

Pour ces deux passionnés de motos, l'adage selon lequel “la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres” prend ici tout son sens. “Il y a façon de rouler et façon de rouler, commente Roger. Certains veulent entendre rugir leurs chevaux. Je reviens de Lausanne où un automobiliste a fait vrombir sa six cylindres en démarrant et nous avons tous sursauté ! Cela procure une impression de puissance, sans doute.

Pour les deux motards, la moto c'est avant tout le voyage, les vacances, la découverte.

Nous pouvons nous égarer sur une route forestière autorisée à la circulation de temps en temps, mais il faut le faire avec prudence”, insiste Michel. S'ils n'ont jamais lâché leur bécane, aller au travail avec n'a jamais été une partie de plaisir. “Je l'ai fait pendant 13 ans car nous n'avions qu'une seule voiture, je suis parti par n'importe quel temps, mais vers la fin ce n'était plus un plaisir, car la route était devenue tellement surchargée. J'avais limite un peu peur”, raconte Roger. Idem pour Michel qui a finalement opté pour le train. “C'était trop stressant. Les automobilistes ne regardent pas dans leur rétro, cela doit être optionnel, comme le clignotant, s'amuse-t-il. Du coup, j'ai découvert le train et je n'avais plus cette peur matin et soir de rentrer vivant. Même si je reconnais qu'il y a une petite évolution des comportements, mais toujours pas sur autoroute !”

UN SENTIMENT DE LIBERTÉ, D'ÉVASION

Malgré le danger réel - on n'est pas protégé par la carrosserie d'une voiture - qu'est-ce qui plaît tant dans la moto ? “Le sentiment de liberté, le plaisir d'avoir le nez au vent, confie Michel. J'ai beaucoup voyagé avec mon épouse, une femme en or qui ne m'a jamais demandé d'arrêter la moto et qui envisage même de s'en acheter une !” Pouvoir s'arrêter aussi plus facilement pour admirer les paysages fait partie du plaisir du voyage. “Mais à part en Corse, ou au Haut-Koenigsbourg, il n'y a pas de places de stationnement prévues pour nous, regrette Michel. Je ne connais d'ailleurs aucune ville qui a aménagé l'espace pour les deux-roues motorisés.” Alors l'idée de la mairie de Paris de rendre le stationnement payant ne peut que les faire bondir.

“Beaucoup comptent sur les deux-roues pour limiter la densité de la circulation, c'est devenu une manne pour la société, commente Roger. Bien sûr que je suis contre un stationnement payant, car c'est prendre un peu de liberté dans la liberté du motard.” Ils étaient plusieurs centaines à défiler à Paris mi-juillet pour dénoncer cette mesure. La Fédération française des motards en colère (FFMC) demande à être associée aux prochaines assises du stationnement afin de défendre l'intérêt du deux-roues en ville et faire valoir ses atouts en termes d'environnement.

Crédit photo : © Shutterstock

Pour aller plus loin

  • mutuelledesmotards.fr
  • ffmc.asso.fr
  • COSMO CONNECTED webFeu stop moto connecté | Cosmo Connected Un équipement connecté pour plus de sécurité à moto - Feu arrière de freinage : Cosmo Connected indique à la hauteur des yeux du conducteur qui suit la moto, quand le motard décélère, offrant ainsi une meilleure visibilité que celle des feux stops. - Géolocalisation : Si le module détecte un accident, la géolocalisation du motard et ses informations personnelles sont envoyées au service d'assistance qui alerte les secours pour une intervention sur site. - Feu arrière et warning : Lumière rouge constante ou flashante pour être plus visible. - Prévenir les proches : L'application mobile permet de choisir 3 contacts d'urgence qui seront prévenus par SMS ou par email en cas de détection d'incident.
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