Retour de la pastille verte : l'Automobile Club Association voit rouge !

Ségolène Royal annonce la mise en place avant l'été d'un «certificat vert», pour identifier les véhicules propres qui seront autorisés à rouler dans les zones de circulation restreintes (prévues par la loi sur la transition énergétique), ou en cas de circulation alternée. Un retour de la « pastille verte » qui passe mal pour l'Automobile Club Association (ACA).

Plusieurs certificats de couleurs différentes seront créés en fonction des seuils d'émissions polluantes des véhicules, afin de déterminer ceux qui pourront circuler et dans quel périmètre.

« C'est tout simplement le retour de la pastille verte et des ZAPA (Zone d'Action Prioritaire pour l'Air) ! On fait du « recyclage » de mesures qui ont été abandonnées par le passé, parce que non convaincantes » souligne Didier Bollecker, Président de l'Automobile Club Association.

L'ACA rejette tout projet visant à interdire ou à restreindre l'accès des villes aux véhicules anciens, pour des raisons à la fois :

  • économiques (la mise en œuvre d'un tel dispositif et son fonctionnement / contrôle nécessitent un budget qui ne s'autofinance pas. Les charges administratives et financières sont disproportionnées) ;
  • environnementales (les bénéfices environnementaux ne sont pas prouvés dans les villes étrangères ayant adopté de telles dispositions basées sur des « pastilles ») ;
  • sociales (un tel système implique des aspects antisociaux évidents à l'égard des personnes ne pouvant acheter des véhicules récents, notamment les ménages modestes et les jeune).

L'ACA soutient toute initiative destinée à renouveler le parc des véhicules polluants, mais estime néanmoins que la généralisation progressive du filtre à particules (FAP) au parc diesel règlerait la question des particules en peu d'années et à des coûts inférieurs. De la même manière, la diffusion rapide de véhicules répondant aux normes Euro 6 apporterait une large réponse à la question des oxydes d'azote, et rendrait parfaitement inutile toute autre mesure.

« Cessons les mesures pénalisantes qui succèdent à des politiques qui ont largement incité à l'achat de diesel ! Il faut des mesures suffisamment incitatives pour permettre aux automobilistes de franchir le cap du changement de véhicule, projet souvent reporté par manque de budget » ajoute Didier Bollecker.

« Pour ce qui est du véhicule électrique et hybride, ce sont des technologies innovantes qui doivent être soutenues. Mais là aussi pour franchir le pas, l'automobiliste doit savoir où il s'engage, tant sur le plan de l'usage que sur le plan fiscal» conclut Didier Bollecker.