Permis à points : ce que souhaitent vraiment les automobilistes

La question de « l’assouplissement du permis à points » examinée ce mercredi par la Commission des Lois à l'Assemblée nationale suscite un large débat, la Présidence de la République ne semblant pas défavorable à une évolution du système actuel.

L’Automobile Club, Association Française des Automobilistes, rappelle que l’un des éléments de réussite d’une politique de sécurité routière est son acceptation sociale.

En 2007 déjà, L’Automobile Club, Association Française des Automobilistes, avait formulé plusieurs propositions d’amélioration du permis à point, en indiquant qu’il était « indispensable de faire un pas vers les automobilistes pour contenir l'exaspération montante ».

Certaines propositions ont été prises en compte, mais aujourd’hui le système du permis à points se doit de rester crédible : la plus grande erreur serait que les automobilistes – de par la généralisation des pertes de points - en viennent à considérer que les verbalisations ne sont que « la faute à pas de chance »… et en assument les conséquences, notamment financières, sans pour autant que leurs comportements évoluent réellement et durablement. S’y ajoute en outre, pour certains automobilistes ayant perdu tous leurs points, la tentation de ne pas chercher – par lassitude, manque d’argent, etc- à obtenir un nouveau permis : en témoigne le nombre de conducteurs sans permis en nette augmentation, les estimations allant de 1 500 000 à 2 000 000 de conducteurs sans permis !

L’Automobile Club, Association Française des Automobilistes propose la mise en œuvre d’une semi- tolérance par rapport aux infractions mineures.

Si globalement le système du permis à points est admis par la grande majorité des automobilistes, le retrait d'un point au premier kilomètre de dépassement apparaît unanimement comme injuste et inefficace. Aujourd'hui, être, par exemple, contrôlé à 91 km/h sur route ou 131 km/h sur autoroute, -vitesse calculée en tenant compte de la marge réelle d'erreur du radar-, entraîne déjà un retrait de point. De ce fait, l’automobiliste responsable se doit de conduire les yeux rivés sur l’aiguille de son compteur, avec le stress permanent de l'éventuel radar, alors qu’en toute logique, son attention devrait être d’abord portée à la signalisation extérieure, aux autres usagers, aux obstacles imprévus, et plus généralement, aux multiples attentions que nécessite la conduite.

L’Automobile Club demande la création d’une marge de tolérance de 10 km/h sur route et autoroute, et de 5km/h en ville, en deçà de laquelle il y aurait amende comme actuellement, mais non perte de points.

En faisant accepter complètement le permis à points par les automobilistes, celui-ci trouvera enfin sa vocation pédagogique.


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