L'Automobile Club Assocation et la Croix-Rouge française publient les résultats de leur enquête européenne sur « Les automobilistes et leurs connaissances en termes de premiers secours »

Plus de la moitié des personnes tuées sur la route meurent juste quelques minutes après l’accident ; ce nombre pourrait être largement réduit si tout le monde savait pratiquer efficacement les premiers secours pendant ces instants cruciaux. Dans certains pays, une formation aux premiers secours est obligatoire lors du passage du permis de conduire (Autriche, Croatie, République Tchèque, Danemark, Allemagne, Serbie, Slovénie, Suisse) tandis que dans d’autres (Belgique, France, Finlande, Italie, Portugal, Espagne) elle ne l’est pas.

Face à ces constats, les Automobile et Touring Clubs européens, en partenariat avec la Croix-Rouge, ont mené une enquête terrain sur les connaissances en premiers secours des automobilistes. 

Pour ce faire,
Les équipes de la Croix Rouge et des Automobile Clubs ont interrogé (entre mai et août 2012) 2786 personnes, soit environ 200 automobilistes par pays, dans 14 pays européens (Belgique, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Italie, Croatie, Autriche, Portugal, Suisse, Serbie, Espagne, Slovénie et en République Tchèque.). Les personnes interrogées ont été divisées en 3 groupes d’âge distincts (15-25 ans, 26-59 ans, plus de 60 ans) avec une proportion équivalente d’hommes et de femmes. Chaque personne a ensuite répondu à 10 questions, dont 2 avec des exercices pratiques.

A l’heure des bilans : 

  • Si 65,8% des personnes interrogées pensent avoir suffisamment confiance en elles pour pratiquer les gestes de premiers secours en cas d’accident ; 82,2% d’entre elles ne connaissent pas la conduite à tenir en arrivant sur un lieu d’accident.

  • En arrivant sur un lieu d’accident, seulement 35,4% des personnes interrogées ont en tête leur propre sécurité ; 46,2% pensent à sécuriser les lieux (par exemple baliser la zone à l’aide d’un triangle, couper le contact des véhicules, etc).
    Les automobilistes français sont 37,9% à penser à leur propre sécurité et 54,4% sécurisent les lieux de l’accident : des chiffres trop bas sachant qu’il s’agit des toutes premières mesures à prendre pour éviter le risque de sur-accident.

  • Seulement 45,3% des personnes interrogées pratiquent des gestes de premiers secours en arrivant sur les lieux d’un accident : Dans certains pays où la formation aux premiers secours est obligatoire pour l’obtention du permis de conduire, le taux grimpe à 73% (en Croatie), 74,5% (en Allemagne) et même 84,5% (en Autriche). A l’inverse, dans les pays où la formation aux premiers secours n’est pas obligatoire, le taux est très bas : 17% pour l’Italie, 22% pour l’Espagne et 39% pour la France.

  • 68,9% des répondants pensent à appeler les secours en arrivant sur les lieux d’un accident, ce qui signifie tout de même que 31,1% ne font pas l’appel d’urgence !
    A noter que seuls 57,7% des automobilistes européens interrogés connaissent le numéro d’appel d’urgence 112, valide dans toute l’Union Européenne. Certains pays, comme la Finlande, le Portugal et le Danemark ressortent tout de même du lot avec des taux à plus de 90% tandis que d’autres sont vraiment à la traîne : 7% pour la Finlande, 8,5% pour la Serbie, 14,5% pour l’Italie… La France se situe un peu en-dessous de la moyenne avec 43,1% des personnes interrogées qui connaissent le 112.

  • En cas d’accident, 71,2% des automobilistes interrogés sont incapables d’évaluer correctement l’état de la victime (vérifier si la victime est consciente, vérifier sa respiration et vérifier si la victime est blessée) même si dans la plupart des cas ils pensent tout même à vérifier si la victime est consciente.

  • Lorsque la victime est blessée et perd du sang, seuls 24,5% des enquêtés connaissent les gestes de premiers secours à effectuer (allonger la victime sur le dos et exercer une pression sur la plaie pour arrêter le saignement). Sur ce point-là, les automobilistes français sont ceux qui ont le mieux répondu, à 38,4%. En Autriche, en Italie et en Serbie ce chiffre descend respectivement à 1%, 1,3% et 2,4% !

    De la théorie à la pratique :

  • En cas d’arrêt cardiaque, 75,1% des personnes interrogées savent qu’il faut pratiquer un massage cardiaque, mais seulement 19,7% sont capables de l’effectuer correctement. En France ce chiffre monte à 31,2%, quasiment le meilleur chiffre en Europe, alors qu’en Italie seuls 5,1% des automobilistes seraient capables d’en pratiquer un !

  • Concernant la position latérale de sécurité, seules 36,5% des personnes interrogées maitrisent le geste, à savoir : libérer les voies aériennes et placer la personne sur le côté. Ce chiffre est un peu meilleur en France avec 46,4%, mais dans certains pays, ce chiffre est très faible : 7,9% en Italie et 18,4% en Espagne.



En conclusion :
L’enquête a révélé un écart important entre la théorie et la pratique. L’enquête a également démontré qu’avoir suivi une formation aux premiers secours pendant l’apprentissage de la conduite renforce la capacité d’intervention des personnes. En effet, la part des personnes qui ont suivi une formation de premiers secours et qui ont des connaissances en matière de premiers secours est assez importante. Mais, afin d’intervenir efficacement elles auraient besoin d’effectuer une remise à niveau des connaissances ou de suivre une formation spécifique en mettant par exemple l’accent sur la thématique de la sécurité routière.

L’Automobile Club Association et la Croix-Rouge française s’accordent à dire que :
« Les messages de prévention doivent être communiqués tout au long de la vie afin d’éviter les accidents et de savoir gérer les conséquences des comportements irresponsables. Par exemple, enseigner à un jeune motocycliste comment mettre un motocycliste accidenté inconscient en position de sécurité jusqu’à l’arrivée des secours peut se faire en même temps que l’encouragement au port du casque comme mesure efficace et obligatoire pour éviter les traumatismes crâniens.
D’autres mesures de sécurité comme le port de la ceinture de sécurité, le respect des limitations de vitesse, la sobriété au volant peuvent faire partie intégrante d’une formation de base à destination des usagers de la route. »