Bilan de la mortalité routière 2013 : Merci qui ?

Le Ministère de l’intérieur, vient de présenter les chiffres de la mortalité routière 2013 lors d’une conférence de presse. En 2013, 3250 personnes ont trouvé la mort sur les routes, 11% de moins par rapport à 2012. Manuel Valls a évoqué des premières pistes d’analyses de cette baisse record comme « la forte communication par des campagnes choc, le déploiement très médiatisé des premiers radars mobiles, les conditions météo n'incitant pas aux déplacements de loisirs et hausse du prix du carburant ayant favorisé l'éco conduite ».
 
Qu’en est-il du comportement des automobilistes et des progrès techniques significatifs des véhicules réalisés par les constructeurs ?
 
Selon l’Automobile Club Association (ACA), qui certes se réjouit de cette baisse historique du nombre de tués sur les routes, c’est « le bon comportement des automobilistes et non la crise qui est à l’origine de la baisse du nombre de tués sur les routes en 2013 ».
 
En effet, l’ACA considère qu’attribuer cette baisse à la crise économique ou à des conditions météo parfois clémentes est injustifié et précise que :
- D’une part, le kilométrage annuel moyen parcouru par les français en 2013 n’est pas encore connu.
- D’autre part, le « Budget annuel de l’Automobiliste » publié chaque année par l’ACA démontre que les voitures particulières parcouraient en moyenne 13 000 kms par an tous carburants confondus et ceci sans forte variation depuis 20 ans malgré des contextes de crise. La légère tendance à la baisse du nombre de kilomètres parcourus s’explique notamment par la multi-motorisation des ménages dont le second véhicule circule moins que la voiture principale.
 
« Depuis 10 ans, au regard de l’évolution du parc automobile et du trafic routier en progression, nous assistons en réalité à une amélioration régulière de la sécurité routière en France, essentiellement due à une amélioration globale du comportement des conducteurs, aux progrès techniques significatifs des véhicules réalisés par les constructeurs, dans une moindre mesure, l’amélioration des infrastructures notamment autoroutières.
Et ceci, malgré des facteurs négatifs persistants comme l’alcool au volant, l’accidentologie des jeunes conducteurs et des deux-roues motorisés. »
déclare Didier Bollecker, Président de l’Automobile Club Association.
 
« La sécurité routière reste un enjeu majeur nécessitant une politique globale, mêlant habilement des aspects répressifs et éducatifs. » conclut-il.
 
L’alcool (20%) et la vitesse (25%) restent les deux principales causes d'accident mortel. L’ACA est par ailleurs satisfaite que soit évoquée la possibilité de rendre les contrôles préventifs d’alcoolémie plus efficaces, prenant manifestement en compte les enseignements tirés de l’étude ACA (http://www.automobile-club.org/presse/communiques-de-presse/173.html) publiée avant l'été, qui avait révélé qu'un conducteur était contrôlé en moyenne tous les 62.800 kilomètres, soit une fois tous les cinq ans.