Editorial/Actualité du club - 01/12/2009
par Roger BRAUN (Directeur Général)
Pour une politique de sécurité routière partagée

Devant la recrudescence des accidents de la circulation et, inquiet de ne peut-être pas pouvoir tenir l’objectif de baisse des décès sur la route en 2009, le Secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique
Bussereau, a indiqué qu’un nouveau Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) devrait être réuni d’ici la fin de l’année ou début 2010.
Pour le préparer, un appel a été lancé aux associations afin qu’elles fassent part de leurs propositions.
Mais a-t-on réellement besoin de nouvelles idées et de nouveaux projets ? Si l’on passe en revue les précédents comités interministériels, leurs conclusions recèlent des trésors de mesures décidées dans le principe mais non encore ou incomplètement mises en oeuvre. J’en citerai ici simplement deux exemples.
Comité Interministériel du 1er juillet 2005 : “il sera mis en place un rendez-vous pédagogique qui interviendrait 6 mois après l’obtention du permis de conduire”.
Comité Interministériel du 13 février 2008 : développer les contrôles de sécurité des infrastructures routières, “l’ensemble du réseau routier national fera l’objet d’inspections de sécurité des itinéraires à fréquence régulière à partir de 2009”.
J’ai choisi volontairement ces deux exemples pour leur importance, mais d’autres mesures annoncées font l’objet d’une mise en oeuvre pour le moins timide : le développement du permis à 1 €, la mise en place de commissions consultatives d’usagers.
Notons toutefois qu’en sens inverse de nombreuses mesures décidées ont été mises en oeuvre, notamment en ce qui concerne la multiplication des radars, mais visiblement cela ne suffit pas. Alors, que faire de plus ?
Le conseil européen de la Fédération Internationale de l’Automobile (F.I.A.) vient justement de se pencher, le 6 novembre dernier, sur cette question à l’échelle de notre continent pour identifier six objectifs avec la proposition de moyens pour les atteindre. Figurez-vous que, parmi ces six objectifs, figurent notamment en bonne place les deux points cités ci-dessus et, pour l’instant, non encore mis en oeuvre dans notre pays : la formation continue des conducteurs et l’amélioration des infrastructures routières.
Les autres propositions concernent principalement l’amélioration des véhicules et des systèmes intelligents d’aide à la sécurité, qu’il s’agisse de véhicules légers ou de poids lourds, ainsi qu’une série de mesures concernant les deux-roues motorisés.
L’amélioration de la sécurité sur nos routes est un enjeu essentiel. Si l’on veut atteindre l’objectif de 3 000 morts maximum sur les routes en 2012, il va falloir associer l’ensemble du corps social à une politique de prévention et de formation dont les objectifs et les moyens soient réellement partagés. Trop d’automobilistes ont encore le sentiment que la politique de sécurité routière est essentiellement basée sur la répression. Il faut, à présent, démontrer qu’il n’en est rien.
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