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par Roger BRAUN (Directeur Général)
Sous l’action conjuguée des consommateurs, des Etats et de la justice, les constructeurs automobiles prennent leurs responsabilités pour améliorer la sécurité sur les routes. Le phénomène n’est pas nouveau. Les progrès en matière de sécurité active (pour éviter l’accident) et passive (pour limiter les conséquences de l’accident) se succèdent sans discontinuer. Mais aujourd’hui, le niveau d’exigence des consommateurs a augmenté et le besoin de sécurité quasi-totale provoque une accélération des progrès. Je voudrais citer trois exemples :
Les crashs tests. Tout le monde connaît à présent les étoiles décernées par EuroNcap, organisme indépendant créé sous l’égide de différents Automobile Clubs européens. Mais, si souvent l’on se contente de vérifier le nombre d’étoiles obtenues par un véhicule, on ne sait pas toujours que la notation évolue d’année en année, devenant plus exigeante. A titre d’exemple, à présent la sécurité des piétons a pris une importance accrue ainsi que celle des enfants à l’intérieur du véhicule. Progressivement les organismes passent en revue tout type de chocs, frontaux bien sûr mais aussi latéraux, entre des véhicules de poids différents, afin de trouver le meilleur équilibre pour réellement partager la sécurité sur la route.
Les rappels. Là non plus il n’y a pas de nouveauté, mais l’année 2009 a été particulièrement active en la matière. Si l’exemple de Toyota, qui a rappelé près de 8 millions de voitures pour un problème de pédale d’accélérateur est particulièrement visible, il faut savoir que chaque semaine, en
France, il y a au moins une dizaine de rappels lancés par toutes les marques sur différents dysfonctionnements. Si tous ne concernent pas la sécurité, c’est le cas de beaucoup d’entre eux. La raison de ces nombreux rappels est double : le niveau d’exigence des automobilistes, mais aussi la crainte de voir en cas de problème la responsabilité du constructeur engagée par les tribunaux si toutes les mesures de précaution n’avaient pas été prises.
Cela m’amène au troisième exemple.
Les voitures folles. Dans ce domaine, on n’y voit pas encore clair et, probablement, une partie au moins des cas recensés d’accidents attribués à une défaillance du régulateur de vitesses peut être imputée à des erreurs de manipulation de la part du conducteur. Mais cela n’explique pas obligatoirement tous les incidents et, tout récemment, la Cour d’Appel de Rennes a relaxé le conducteur d’un Toyota RAV4 flambant neuf ayant occasionné un accident et invoquant la défaillance du régulateur. Le constructeur, en l’absence d’éléments de preuve, n’est pas pour autant condamné mais la responsabilité du conducteur a été dégagée.
De ces trois exemples, retenons l’importance que la société apporte à juste titre à la sécurité des usagers de la route. A partir du moment où l’on met entre les mains d’un automobiliste un outil formidable en matière d’autonomie, de liberté et de mobilité, on lui doit en même temps d’assurer au maximum sa sécurité. Une fois cela fait, c’est à lui, par son comportement, de faire le reste du chemin. Et pour cette partie-là, il est seul à assumer ses responsabilités.