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Pas facile de conduire en ville
C’est en ville que les automobilistes commettent le plus grand nombre d’infractions.
Par rapport à 2009, les Français sont plus nombreux à déclarer qu’il est dangereux de doubler ou tourner sans mettre son clignotant (83 % contre 77 % en 2009). Pourtant, ils sont 50 % (contre 53% en 2009) à ne pas respecter cette règle. Ne pas s’arrêter à un feu orange est dangereux pour 60 % des automobilistes (56 % en 2009).
Cependant 75 % des conducteurs n’hésitent pas à le faire. Cette pratique est même constatée chez 85 % des automobilistes parisiens.
Rouler à 65 km/h en ville est jugé dangereux pour 70 % des conducteurs. Dans la pratique, un Français sur deux commet cette infraction (48 % en 2009). Il est important de rappeler qu’à 50 km/h, il faut 26,2 m pour s’arrêter sur route sèche et 38,5 m sur route mouillée. A 65 km/h, il faut 12,5 m de plus pour s’arrêter sur route sèche et 21 m de plus sur route mouillée.
Seulement 33 % des Français se sentent en sécurité en ville. C’est dans le Sud-Est que les conducteurs se sentent le moins en sécurité en ville (70 %) et dans la région Est qu’ils s’y sentent le plus en sécurité (62 %).
La fatigue au volant, un risque minimisé
87 % des automobilistes pensent qu’il est dangereux de conduire en état de fatigue, mais ils sont 45 % à le faire (et même 57 % pour les moins de 35 ans).
De manière générale, les Français sont assez nombreux à minimiser l’importance des pauses, puisque 33 % des conducteurs conduisent sans s’arrêter pendant 4 ou 5 heures d’affilées.
Pourtant, après 2 heures de conduite, il existe déjà un risque réel de somnolence qui peut avoir de graves conséquences sur la conduite en entraînant une baisse de vigilance. Première cause d’accident sur autoroute, elle est également à l’origine d’une sortie de route sur deux.
Seulement 19 % des Français considèrent qu’il est dangereux de conduire la nuit pour un long trajet.
Entre 2 heures et 5 heures du matin, la température interne du corps est à son minimum, ce qui favorise le sommeil profond. Il est physiologiquement difficile de rester éveillé pour cette raison. Or, 58 % des conducteurs n’hésitent pas à conduire de nuit pour un long trajet (entre 22 heures et 5 heures du matin).
Ce sont surtout les hommes qui prennent le volant la nuit, puisqu’ils le font à 70 % alors que c’est le cas pour seulement 46 % des femmes.
Les 25 – 34 ans sont les plus nombreux à conduire la nuit (59 %), suivis par les moins de 25 ans (55 %). Les moins coutumiers sont les seniors, avec 31%.
Une légitimité variable de la règle
Les écarts à la règle exprimés par les automobilistes peuvent être regroupés en trois catégories.
Les interdits catégoriques : il s’agit de comportements condamnés massivement parce qu’ils sont jugés particulièrement dangereux ou inciviques. Il en est ainsi de rouler dans une rue à sens interdit, griller un feu rouge, se garer sur une place réservée aux personnes à mobilité réduite, prendre le volant après avoir bu 3 ou 4 verres de vin ou de bière, ne pas marquer un stop…
Les condamnations molles : franchir une ligne blanche pour doubler un véhicule, ne pas mettre sa ceinture de sécurité à l’avant, conduire en téléphonant, ne pas respecter la priorité dans un rond-point.
Les écarts à la règle en voie de banalisation : certaines transgressions pas totalement légitimées sont en revanche largement tolérées. Il s’agit de changer de file fréquemment, stationner, doubler ou tourner sans mettre son clignotant, ne pas respecter les distances de sécurité et ne pas mettre sa ceinture à l’arrière.
Les réponses obtenues rendent compte, malgré la multiplication des contrôles et de l’arsenal répressif, d’une certaine perméabilité, encore très présente, vis-à-vis des règles. Cela s’explique principalement par le fait que le Code de la route est ressenti avant tout par le conducteur comme étant un outil coercitif et non pas un “code moral légitime qui s’imposerait pour le bien être de chacun”.
Mais la transgression de la règle s’explique également par le fait que le conducteur français a l’impression d’être un bon conducteur (59 % des conducteurs interrogés).
La qualité de sa conduite, son expérience, les performances de sa voiture le mettent à l’abri de l’accident et le dis pense d’observer les règles du Code de la route. Si l’accident survient c’est toujours la faute de l’autre.
Ce sondage laisse apparaître qu’il est indispensable de redonner sa place à l’éducation, qui permettra aux individus de respecter des règles communes et d’adopter un comportement acceptable par tous et pour tous. Cet apprentissage doit se faire avant tout à l’école, dans les familles et par la suite tout au long de la vie de l’automobiliste grâce, notamment, à la mise en place de rendez-vous pédagogiques, obligatoires et périodiques.